About

 

Guidée par l’intuition et l’inconscient, Alice Vasseur se nourrit du monde qui l’entoure, de ses souvenirs, comme des réservoirs d’images mentales, pour les inscrire dans la matière. Ses peintures et ses monotypes – une technique d’estampe unique, à la frontière entre la peinture et la gravure – font émerger un dialogue spontané entre les idées et le langage des formes. Ainsi, son processus créatif fait écho à ce que Jean-Michel Alberola a écrit à propos de la peinture : « on est intelligent avant, on est intelligent après, mais au moment où l’on peint, on ne peut pas être intelligent, on est dans l’animalité. […] On quitte l’intelligence, le contrôle.» (1)

Chez l’artiste, l’inconscient ne s’inscrit pas seulement dans son cheminement de création, mais aussi dans son sujet. Elle s’intéresse à l’analogie entre l’image et le symptôme qu’établit Georges Didi-Huberman, au croisement de l’esthétique et de la psychanalyse. En ce sens, les silhouettes qui peuplent ses œuvres sont impulsées par les soubresauts de l’inconscient. Ainsi, Alice Vasseur place au cœur de ses toiles, l’être humain, le désir qui l’anime et la complexité de la relation à l’autre. Elle joue avec des conflits refoulés qui se matérialisent dans ses grands corps difformes anatomiquement impossibles. Par ces pulsions émotionnelles, l’élasticité de la peau semble s’animer, se déformer, se marquer.

L’artiste est toujours à la recherche de l’équilibre, oscillant inlassablement entre des idées contradictoires, comme la présence et l’absence, la conscience et l’inconscient. Toujours en clair- obscur, ses formes se révèlent être douces et rassurantes, mais toujours inquiétantes. Alors que certaines figures semblent résister à la noirceur chromatique de la toile, d’autres sont apaisées, presque endormies. Ses formes réconfortantes, protectrices et étrangement familières peuvent être une réponse à la violence. Ainsi, l’artiste conçoit ses peintures comme des remèdes possibles.

Alice Vasseur nous invite à travers ses œuvres singulièrement poétiques, dans un cadre spatio-temporel qui semble se suspendre. Hors du monde, hors du temps, ses images peintes apparaissent à la fois indéterminées et mystérieuses. Soit dans un fond uni, soit dans un vague horizon, les contours flous des formes se fondent, se confondent et s’effacent. Comme dans un rêve. Sans âge, sans identité, ni genre, ses fragments de silhouettes sont représentés le plus souvent de dos sous un drap ou un voile d’encre. Au fil des monotypes, la figure s’efface progressivement, au profit d’une présence simplement évoquée. Amenant le regardeur au-delà du champ visuel, l’artiste nous invite dans un monde qui fait appel à l’imaginaire. Elle nous plonge dans un voyage intérieur et immersif. Dans cette perspective, ses œuvres peuvent être le propre reflet de notre existence, convoquant, à la fois histoires personnelles et collectives.

Marion Caudal

Autrice et rédactrice du compte @parlonsart

 

1 Jean-Michel Alberola, Avec la main droite, édition musée d’Art moderne, cabinet d’Art graphique, Centre Georges Pompidou, 1993

CV

 

Née en 1989 à Harfleur   //   Born in 1989 in Harfleur, France.
Vit à Paris, travaille à Aubervilliers   //   Lives in Paris and works in Aubervilliers.

 

Expositions  //  Exhibitions

Mars 2022 – Exposition personnelle – L’OpenBach, Paris

Février 2022 – Exposition collective – Galerie Lazarew, Paris

Septembre 2021 – Exposition collective – Journées de l’Estampe contemporaine, Paris

Octobre 2019 – Exposition personnelle – Super Shop, Paris

Avril 2019 – Banana Circus – Exposition collective – Le Satellite, Aubervilliers

 

Formation  //  Education

2017 – 2019 Atelier de Vincent Bizien – Ateliers Beaux-Arts de la ville de Paris

2011 – 2012 Licence de cinéma (L3) //  Bachelor’s degree in Cinema –  Université Panthéon Sorbonne Paris I